Liège a sanctionné trois fois plus d’auteurs de dépôts clandestins en 2023, mais les encombrants sont en augmentation : «L’espace public n’est pas une décharge à ciel ouvert »

Liège a sanctionné trois fois plus d’auteurs de dépôts clandestins en 2023, mais les encombrants sont en augmentation : «L’espace public n’est pas une décharge à ciel ouvert »

Confrontée comme d’autres villes à un sérieux problème de dépôts clandestins, Liège a maintenant haussé le ton en multipliant les actions et les dispositifs de surveillance. Et ça paye : plus de trois fois plus de procès-verbaux ont été rédigés en 2023…

Caméras intelligentes, patrouilles mixtes police-service de propreté, fouille des poubelles, agents constatateurs, Liège ne recule plus devant rien pour tenter d’endiguer le fléau que constituent les dépôts clandestins.

Un effort qui porte ses fruits, du moins en partie.

Entre 2022 et 2023, les quantités récoltées autour des bulles à verre, lieux de prédilection des auteurs de pareils dépôts, ont en effet légèrement diminué, passant de 141 à 136 tonnes. « Ce qui démontre l’efficacité de la politique de répression engagée avec les caméras », estime Gilles Foret, l’échevin liégeois en charge notamment de la propreté.

Et d’autres chiffres semblent, en effet, lui donner raison. Car si les dépôts autour des bulles à verre ont diminué de 3,5 %, les procès-verbaux liés aux dépôts clandestins ont littéralement explosé. En 2022, les agents constatateurs avaient en effet réussi à identifier, et donc à verbaliser, 561 contrevenants. L’année suivante, ils ont été 1.757 à recevoir un PV, soit une augmentation de plus de 200 %.

À la clé, des amendes, mais également des redevances pour la plupart d’entre eux, destinées à compenser le coût de la remise en état des lieux qu’ils ont pollués. Et là aussi, l’évolution est plus que positive entre 2022 et 2023. Si 403 personnes ont dû s’en acquitter en 2022, elles étaient en effet 1.597 en 2023.

Les encombrants en hausse

Et ce n’est qu’un début, annonce l’échevin liégeois : « Une somme de 100.000€ sera à nouveau consacrée au budget ordinaire 2024 pour permettre le déplacement de ces caméras mobiles dans notre ville. Ces dispositifs sont plus que rentabilisés au regard de leurs performances pour identifier les auteurs d’incivilités. À l’avenir, ma volonté est même d’étendre ce système répressif ».

Liège est en effet une des dernières – voire la dernière – commune de la zone Intradel disposant de ce service. Avec les effets pervers que cela entraîne. Là où la plupart des autres catégories de déchets sont en diminution, les encombrants enregistrent une augmentation de 17 % entre 2022 et 2023 (2.947 tonnes contre 3.429 l’an dernier). Phénomène auquel s’ajoute celui des objets « illicites » déposés en rue à l’occasion du ramassage des encombrants, ce qui contribue à sa manière à la création de dépôts clandestins.

« En 2024, la Ville sera donc attentive à la bonne application du règlement relatif aux objets autorisés à être déposés à rue car l’espace public n’est pas une décharge à ciel ouvert », termine, dès lors, Gilles Foret. Fin du ramassage des encombrants en vue en Cité ardente ? On n’y est pas encore. Mais le sujet risque bien de venir un jour sur le tapis si la situation ne s’améliore pas rapidement…

VERS L’ARTICLE

Share this post