Fosses-la-Ville en a marre des dépôts sauvages autour des bulles à verre et à textile, la Commune prend une mesure radicale

Fosses-la-Ville en a marre des dépôts sauvages autour des bulles à verre et à textile, la Commune prend une mesure radicale

La Commune de Fosses passe à la vitesse supérieure pour coincer, preuve irréfutable à l’appui, les délinquants de l’environnement. Elle loue une caméra qui va tourner de bulle en bulle (à verre). Les élus, qui se sont réunis lundi 13 janvier 2025, ont unanimement rendu un avis favorable à cette mesure répressive tant les dépôts sauvages, surtout à proximité des bulles, constituent un fléau.

Installer des caméras de surveillance aux abords des bulles à verre et à vêtements n’est pas une idée neuve en Wallonie. D’autres Communes, à l’instar de Rebecq, ont déjà approuvé cette mesure. L’objectif est de réduire les dépôts clandestins qui salissent ces zones de récolte.

Le comportement relève de l’incivisme le plus crasse et il mine considérablement le vivre ensemble : il s’agit de celui qui consiste, pour un tas de mauvaises raisons, à abandonner ses déchets dans la nature, et donc à laisser à la collectivité ou à d’autres citoyens la charge de les évacuer à leurs frais. Le phénomène est particulièrement horripilant et interpellant aux abords des bulles à verre et des bulles à vêtements Terre, assimilées par d’aucuns à des poubelles sauvages.

Ces lieux de collecte figée des bouteilles et vêtements usagés sont particulièrement ciblés des pollueurs. Ceux-ci savent très bien que tout ce qu’ils y abandonnent sera inévitablement, et tôt ou tard, pris en charge par les services communaux. À l’orée des villages, si le staff de l’Environnement n’intervenait pas régulièrement, ces lieux se transformeraient vite en désolants et anxiogènes dépotoirs.

Les dépôts sauvages ne se limitent pas à Fosses-la-Ville

Les Communes, en première ligne, évoquent une délinquance environnementale qu’elles ont décidé de combattre frontalement. Le mal dépasse de loin Fosses-la-Ville, il est wallon. « Ce qu’on remarque, c’est que des gens profitent des bulles à verre pour aller cacher derrière une diversité de déchets », regrette l’échevin de l’Environnement Frédéric Moreau. La difficulté majeure consiste à sanctionner ces comportements que leurs auteurs s’évertuent évidemment à cacher du contrôle social, ou à rendre le plus discrets possible. De ce fait, ces pollueurs sont difficiles à identifier et à attraper.

Les communes peuvent désormais compter, et depuis de nombreuses années, sur un outil performant : la caméra. Quoique miniaturisé, ce matériel de captation produit des images, de jour comme de nuit, d’une qualité stupéfiante. Celles-ci livrent suffisamment de détails pour lire, par exemple, une plaque d’immatriculation et permettre de reconnaître un visage. À Huy, par exemple, 10 PV ont pu être dressés en une seule semaine d’exploitation des caméras.

Images à l’appui, ces délinquants prennent désormais le risque d’être pris la main dans le sac et de devoir payer une amende salée.

Lundi 13 janvier 2025, les élus ont donné un avis favorable unanime à l’installation et l’utilisation d’une caméra de surveillance fixe temporaire, et d’autodétection, pour lutter contre ce phénomène. Comme ces boîtes qui permettent aux chasseurs d’images animaliers d’enregistrer les déplacements des loups à leur insu.

Ne pas faire de pub

« On partait pour l’achat de la caméra, mais on s’est rendu compte que ce matériel est vite obsolète, demande un entretien pointu, raison pour laquelle on opte pour le leasing (la location). Lutter contre cette délinquance est une priorité », indique le bourgmestre, Gaëtan de Bilderling (MR). La caméra, fixe, tournera dans 15 boîtiers de l’entité, tous fondus dans l’environnement immédiat de telle ou telle bulle, ou de tel ou tel chemin isolé.

« En louer 15 coûterait trop cher. Ne pas faire la publicité de ce dispositif me ferait plaisir », répond-il encore à la conseillère Alternative fossoise, Lise Votion. Celle-ci demande que le placement de cette caméra s’accompagne d’un rappel des règles du tri sélectif, et notamment de la liste des déchets PMC recyclables que l’on peut jeter dans le sac bleu et des autres, résiduels, qui finissent irréductiblement à la poubelle. Ce que le bricoleur occasionnel et le professionnel du bâtiment peuvent ou pas amener au recyparc, et en quelles quantités. Des questions qui soulèvent la problématique des bennages clandestins, notamment d’inertes, parfois de pneus.Sans scrupule, ils laissent un dépôt de 20 m³ dans la nature à Écaussinnes : « On va bientôt installer des caméras mobiles »

Une information qui est déjà largement communiquée par le biais du calendrier annuel des collectes diffusé par le Bureau économique de la province (BEP-Environnement), l’intercommunale qui assure la collecte et le traitement des déchets dans les communes namuroises. « C’est le rôle du BEP, mais des rappels supplémentaires ne sont pas inutiles », note l’échevin Meuter.

L’échevin de l’Environnement, en conclusion : « Bien sûr qu’on redonnera une information, mais les contrevenants ne polluent pas par ignorance, ils savent très bien que ce qu’ils font n’est pas correct. »


Des fossés souillés de poubelles éventrées

Contacté, l’échevin de l’Environnement liste quelques coins de l’entité fossoise problématiques : les abords de la rue Bois du Prince, entre Le Roux et Devant-les-Bois, sont régulièrement souillés de poubelles éventrées lancées depuis les fenêtres des voitures. D’autres voiries isolées sont ciblées, entre Aisemont et Arsimont.

Un simple ticket de caisse suffit à retrouver les contrevenants

Que risquent les délinquants ? Une amende administrative, proportionnelle au type et au volume des déchets jetés. « Un agent communal spécialement formé travaille à retrouver des traces d’identification des personnes dans les déchets abandonnés. Parfois infimes, comme un numéro de compte en banque sur un ticket de caisse. Comme nous ne pouvons pas être juge et partie, le PV est ensuite transmis à un fonctionnaire sanctionnateur provincial qui fixe le montant de l’amende. »

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